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Un plan d'austérité à la grenobloise

Brève

Le 10 juin dernier, le maire de Grenoble a convoqué une conférence de presse pour annoncer le « plan de sauvegarde du service public ». Appelons un chat, un chat, il s’agit bel et bien d’un plan d’austérité qui nous attend dès la rentrée de septembre, et à défaut de sauver les services publics, ces coupes budgétaires va surtout les attaquer fortement.

14 millions d’économie prévus d’ici 2018 sur le service public… Il fallait les trouver ! Alors, voici un aperçu (malheureusement non exhaustif) des mesures prises par la mairie : [1]

  • la dégradation du service de santé scolaire, avec la diminution du nombre de médecins scolaires ;
  • une baisse des services rendus aux personnes âgées (fin de la restauration au foyer-logement Notre Dame, suppression de la tournée du samedi de la restauration à domicile des personnes dépendantes) ;
  • au niveau de l’éducation et des écoles primaires et maternelles, là encore, les restrictions sont nombreuses :

                 - non remplacement d’une ADSEM sur deux qui part à la retraite ;

- baisse de 10 % du budget des école maternelles et primaires [2] ;

- suppression des agent·e·s en charge de la sécurité aux abords des écoles ;

- augmentation du prix de la cantine et des temps périscolaire ;

- suppression des postes d’assistant·e sociale dans les écoles primaires et maternelles, qui faisaient jusque là tout un travail de prévention que ne pourra absorber le CCAS.

Si tous ces services sont modifiés pour certains, supprimés pour d’autres, c’est parce que la mairie entend supprimer plus d’une centaine de postes d’ici 2018 (sans parler du non-renouvellement de toutes les personnes qui étaient en CDD). Cela représente environ 6 % de la masse salariale de la Ville. Comment peut-on imaginer garder une qualité de service public en supprimant autant de postes ?

Alors, c’est vrai, la mairie doit faire avec une baisse des subventions allouées par l’Etat importante, et, comme nos élus, on ne peut que regretter que l’Etat ne tienne pas ses engagements vis-à-vis des collectivités locales.

Néanmoins, les choix qui sont fait pas la Mairie peuvent questionner : toute la ville n’est pas concernée par l’austérité dans la même mesure, et force est de constater que ce sont les quartiers sud de Grenoble qui vont subir le plus de conséquences (bibliothèque Prémol, centre social des Eaux claires et Bajatière par exemple) …

Et puis, il y a d’autres choix budgétaires de la mairie qui continuent à questionner : le stade des Alpes a été payé en grande partie avec un emprunt toxique contracté à l’époque de Destot. Si le taux de remboursement de départ était de 2 %, il avoisine aujourd’hui les 20 %, ce qui ne fait pas moins de 3,8M€ de remboursement par an [3] … Ce n’est pas le tout de dire qu’on est une des villes les plus endettées de France et qu’on ne peut vraiment pas augmenter les impôts locaux… encore faut-il expliquer pourquoi ! Si la mairie se décidait à faire un audit de sa dette, elle pourrait certainement revoir les modalités de ce prêt qui, à lui seul, suffirait à combler le plan d’austérité en cinq ans…

[1] Sources : Sud solidaire Grenoble, et dossier de presse du « plan de sauvegarde des services publics », consultable sur http : //www. grenoble.fr/actualite/164/103-plan-de-sauvegarde-des-services-publics-locaux. htm

[2] budget prévisionnel 2016 consultable : http : //www. grenoble.fr/112-budget. htm#par4091

[3] http : //www. ades-grenoble.org/wordpress/2016/07/01/emprunts-toxiques-qui-sont-les-responsables/

Pour en savoir plus sur les emprunts toxiques à Grenoble, vous pouvez consulter cette page de notre site, et les liens qui y sont associés :

https : //www. le-tamis.info/structure/cac-38