Réunion d'infos et d'organisation pour la campagne "Pour l'accès aux piscines pour toustes" (pour autoriser les maillots de bain couvrant)

Événement

Quand

  • lundi 28 juin 2021, à 18h00

Description

Comment se baigner dans les piscines municipales de Grenoble lorsqu'on ne se sent pas à l'aise en maillot de bain "traditionnel" et que l'on aimerait porter un maillot de bain couvrant, par exemple des personnes trans, des femmes victimes de violences sexuelles, des personnes atteintes de maladie de peau ou des femmes musulmanes ?

Cet été, l'Alliance citoyenne de l'agglomération grenobloise et le collectif #Nous TouStes Isère organisent une nouvelle campagne pour changer le réglement des piscines municipales : un réglement prenant en compte la liberté de religion et la liberté pour les femmes de couvrir ou de découvrir leur corps.

L'enjeu ? Permettre à des centaines de femmes de l'agglomération grenobloise d'accéder aux piscines municipales, seules ou avec leurs enfants.

Vous souhaitez participer à cette lutte ? Une réunion d'infos s'organise le lundi 28 juin.

Pour connaître le lieu et l'heure, c'est ici.

Voici le communiqué expliquant les raisons de cette lutte estivale :

"Le 4 juin dernier, nous adressions un courrier au Maire de Grenoble pour lui demander de lever les restrictions imposant un modèle de maillot de bain précis dans les piscines municipales de la Ville.

Sa réponse, Eric Piolle ne l’a pas adressée à nous, premières concernées qui l’interpellons. Il a délibérément choisi de s’adresser au Premier Ministre, Jean Castex, alors même que l’assemblée parlementaire débat en ce moment du texte de loi dit « séparatisme » qui restreint les libertés, accentue les oppressions systémiques envers les personnes musulmanes ou assimilées à la religion et qui participe activement de l’humiliation sociale et politique des femmes musulmanes ou assimilées comme tel.

Encore une fois, le maire nous ignore et refuse de prendre ses responsabilités quant à l’accessibilité des piscines pour les femmes musulmanes voilées.

Ayant constaté que la loi de 1905 n’interdisait pas aux usagèr.e.s de porter dans l’espace public des vêtements s’apparentant à leur religion, la mairie a décidé d’ invoquer l’hygiène comme motif d’interdiction alors même que les rapports de l’ANSES de 2012 et de 2019 confirment que la longueur du tissu n’a pas d’impact sur la qualité de l’eau.

En outre, en appelant aux études, aux statistiques, à la science, sur fond de propreté pour « valider » le maillot couvrant, la mairie s’inscrit dans une dynamique raciste et coloniale. Éric Piolle convoque un imaginaire selon lequel les descendantes de l’immigration nord africaine / musulmanes ou assimilées auraient une hygiène négligée, qui justifierait leur hiérarchisation, leur exploitation, leur exclusion.

Le blablatage hygiéniste de la mairie peine à masquer la réalité : défendre le droit des femmes musulmanes à se baigner en maillot couvrant serait une prise de position risquée lorsqu’on a des ambitions politiques et que les discours islamophobes gagnent en puissance.

Le fait que les revendications de femmes musulmanes soient les objets de manœuvres politiques, dans un système où l’électoralisme guide l’action des politicien·nes, fait partie de ce qui rend systémique les violences sexistes et islamophobes.

En tant que féministes, nous savons que nos corps et que nos vies sont toujours l’objet d’instrumentalisations politiques. Pouvoir disposer comme bon nous semble de nos propres corps dans l’espace public est fondamental. De quel droit force-t-on des femmes à venir se baigner à corps découvert dans les lieux publics ? Est-ce défendable d’imposer à une femme de se dévêtir pour aller à la piscine ? Nous pensons que non.

Tout récemment, les élues au sport et à l’égalité, Céline Mennetrier et Chloé Le Bret nous ont bien proposé un rendez-vous dans la semaine du 4 juillet prochain pour échanger sur ce sujet. C’est bien, nous pouvons dire que nous avançons. Mais nous avons déjà perdu patience depuis 2018 et il commence à faire très chaud.

Nous savons que si nous n’agissons pas collectivement pour affirmer notre droit à disposer de nous même, rien ne nous sera donné. Alors, nous nous organisons pour nous en saisir nous même, et refuser haut et fort de sacrifier nos droits, les droits des femmes musulmanes, à la majorité électorale. Nous ne voulons plus que nos corps soient le terrain de manœuvres électorales.

C’est pourquoi, nous comptons fermement aller nous baigner cet été, et nous appelons toutes les personnes qui le veulent, à se joindre à nous. Femmes musulmanes, portant le voile ou non, féministes alliées de nos luttes nous sommes uni.e.s et determiné.e.s face aux lois patriarcales et racistes qui tentent de nous diviser !

En bikini, en burkini, en monokini, cet été nous irons toutes à la piscine !

Signataires : Amel , Yasmina, Sabrina, Amandine, Khadija, Léa , Emilie, Aylin, Anissa, Taous, Yasmine, Estelle pour l’Alliance Citoyenne des femmes musulmanes & le collectif Nous Toustes38"