Le Dauphiné Libéré

Structure

Journal local

Le Dauphiné Libéré est le seul quotidien de l’agglomération grenobloise. Selon ses propres chiffres, il est lu par 270 000 lecteurs chaque semaine (360 000 le dimanche) : outre qu’il est vendu dans toutes maisons de la presse, de nombreuses entreprises, associations, cafés, bibliothèques et particuliers y sont abonnés. Cette position de monopole lui donne un pouvoir considérable sur la manière dont l’information locale parvient, ou non, aux habitants. Le Dauphiné Libéré a également des éditions en Drôme, Ardèche, Vaucluse, Hautes-Alpes, Savoie, Haute-Savoie et dans le Pays de Gex (Ain). Une boulimie de parts de marché qui anime le journal depuis les années 1950 et qui se traduit également par de très lourds investissements techniques, pour une diffusion toujours plus massive. Cette recherche constante du profit a profondément nuit à la fois à la qualité journalistique et à la pluralité de la presse, puisque les autres journaux ont peu à peu tous disparu.

La stratégie commerciale du Dauphiné l’a également poussé à conquérir de nouveaux lecteurs, notamment chez les jeunes, c’est pourquoi il a créé Grenews, aujourd’hui Gre City Local News, qui comporte un hebdomadaire gratuit, un site web et une web télé. Il est donc difficile d’échapper au Dauphiné Libéré.

Après avoir appartenu à Robert Hersant, puis au groupe Socpresse dirigé par Serge Dassault, le Dauphiné Libéré appartient aujourd’hui au Crédit Mutuel, qui possède de nombreux titres de presse régionale. La dépendance du Dauphiné Libéré aux puissances financières le rend plus que conciliant à l’endroit des entrepreneurs (qui sont parfois également des annonceurs) et plus généralement des puissants de ce monde. Le journal est également un fidèle allié des pouvoirs en place (il a fallu attendre que les preuves de corruption soient vertigineuses pour que le quotidien cesse de défendre Alain Carignon), selon l’adage « on ne mort pas la main qui nous nourrit », puisque son contenu doit beaucoup aux communiqués de la Mairie, du Conseil départemental, de la Métro, de la Préfecture ou encore du CEA.

Le reste des articles du quotidien est principalement consacré au sport et aux faits divers, qui sont systématiquement traités de manière sensationnaliste et en faisant la part belle à l’émotion, entretenant l’impression de vivre dans un monde dangereux, nécessitant toujours plus de répression : une idéologie très conservatrice, donc. Les lecteurs n’y trouvent généralement ni enquête, ni analyse approfondie, ni esprit critique.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à vous reporter à l'ouvrage Pourquoi le Daubé est-il daubé, paru aux éditions du Monde à l'envers, ou encore au site de l'association Acrimed.

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