J'aimerais en savoir plus sur les circuits courts / alternatifs de distribution alimentaire

Info pratique

On appelle distribution le chemin emprunté par les biens/services fournis par un producteur ou une productrice pour rejoindre les consommateurs et consommatrices qui souhaitent y avoir accès. Il existe de nombreuses méthodes de distribution : vente directe, vente par correspondance, vente par le biais d'un grossiste, de la grande distribution, d'un détaillant, vente par internet...

Les principaux enjeux liés à la distribution sont aujourd'hui nombreux :

  • la multiplication des intermédiaires diminue la traçabilité du produit, donc les informations sur les conditions de production, de transformation, de conservation, et donc au final la confiance que le consommateur peut avoir dans le produit au moment de l'achat ;
  • la distance parcourue par le bien/service avant d'atteindre sa cible, et le moyen de transport utilisé, est un enjeu écologique. Dans une optique de réduction des gaz à effet de serre, il est préférable de consommer un bien produit localement qu'un bien produit à plusieurs milliers de kilomètres et voyageant en avion ;

  • le nombre d'intermédiaires et surtout les marges qu'ils dégagent pour la distribution  fait que la pression sur les prix ne peut s'exercer sur les consommateurs (qui iront à la concurrence). Elle s'exerce alors sur les producteurs et productrices, qui sont condamnés à vendre leur production à bas coût. Ce prix est même parfois en dessous du coût de revient (1) pour les agriculteurs et les agricultrices par exemple, particulièrement vulnérables en raison de la péremption des produits alimentaires ;

  • la commercialisation, à l'échelle mondiale est injuste et n'attribue pas la même valeur à l'ensemble des produits même si ceux-ci nécessitent la même quantité de travail pour leur production : il ne valorise pas les productions primaires et valorise les produits manufacturés et les services, ce qui entraîne une inégalité de revenus entre pays occidentaux et pays moins développés technologiquement ; de même il valorise mal les productions provenant de producteurs isolés et non organisés, qui ne parviennent pas à imposer une situation de force dans la production face au distributeur.

C'est pour lutter contre les impacts négatifs des circuits de distribution en place que certains collectifs cherchent à promouvoir d'autres formes de distribution que l'on peut regrouper sous le terme de circuits courts, c'est-à-dire comportant au maximum un seul intermédiaire :

  • lesmarchés de producteurs (vente directe du producteur au consommateur), qui sont répertoriés sur ce site internet pour l'agglomération grenobloise ;
  • les AMAP (Associations pour le maintien de l'agriculture paysanne) ;
  • les épiceries commercialisant des produits locaux en travaillant directement avec le producteur (à Grenoble l'épicerie Locavore) ;
  • les associations de commerce équitable qui proposent un prix juste pour les productions des pays du sud et limitent les intermédiaires (à Grenoble les Equi'sol et Artisans du monde Grenoble)
  • les groupements d'achat qui proposent à des consommateurs de s'organiser pour grouper des commandes de produits faiblement périssables et de se fournir auprès de producteurs locaux et responsables.

La plupart de ces démarches étant portées par des citoyen.n.e.s, il est tout à fait possible de vous impliquer dans un de ces collectifs en prenant contact avec eux. Vous trouverez leurs coordonnées en visitant leur page sur ce même site.

Attention ! On confond régulièrement l'entreprise "La Ruche Qui Dit Oui" avec des réseaux de circuits courts, alors qu'elle est en réalité bien plus proche de la grande distribution et de l'ubérisation dans les pratiques :

  • les intermédiaires de la distribution ne sont pas abolis puisque 20% du prix de la vente revient à l'organisateur de la ruche (10%) et à la start-up Equanum (10%) propriétaire du site et dont les actionnaires  sont déjà des géants du web : Xavier Niel, Président de Free ; Marc Simoncini, co-fondateur du site de rencontres meetic.fr ; Christophe Duhamel, co-fondateur du site marmiton.org. En comparaison la grande distribution prend en moyenne une marge brute de 27% mais pour des coûts de stockage et de distribution beaucoup plus importants ;
  • il n'y a ni d'engagement du consommateur (qui achète à chaque fois ce dont il a besoin), ni d'engagement de la ruche à écouler le stock (si la commande est trop faible, la vente est annulée) et donc aucune sécurité de revenus pour le producteur ;
  • les organisateurs de ruche sont bien souvent des auto-entrepreneurs qui vendent un service effectué dans les amap par des bénévoles mais sans pour autant pouvoir en tirer un revenu décent et sans avoir la sécurité du salariat. Ils se retrouvent dans une situation similaire à celles des personnes qui travaillent pour Uber (400€ de chiffre d’affaires par mois en moyenne).

Pour retrouver ces informations et d'autres, nous vous recommandons la lecture de la page wikipédia de l'entreprise et le communiqué publié par l'Amap BioDevant.

Pour une réflexion sur le sens du commerce équitable, nous vous recommandons la brochure Limites et espoirs du commerce équitable, réalisée par l'association grenobloise Les Renseignements Généreux.

(1) Par exemple, en 2015, alors que le prix de revient pour l'agriculteur producteur de lait était de 0,37€ par litre, celui-ci était acheté 0,31€ par le distributeur, avant que le gouvernement ne légifère sur un prix plancher de 0,34€ par litre. Le consommateur, lui, achetait le litre à plus de 0,70€, soit plus de 100% de marge dégagée par l'ensemble des distributeurs. http://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/021226807030-prix-du-lait-les-eleveurs-fixent-un-prix-plancher-1139624.php

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