Résistance à l’informatisation et à la gestion de nos vies - critique du travail et du salariat

Événement Modifier

Quand

  • samedi 21 octobre 2017, à 14h00

Pour y aller

  • Antigone

    22, rue des Violettes 38 000 Grenoble

Description

Résistance à l’informatisation et à la gestion de nos vies
Critique du travail et du salariat

Une rencontre autour du collectif Écran total suivie d’un exposé-discussion avec Myrtille Gonzalbo, giménologue, auteure des Chemins du communisme libertaire en Espagne, 1868-1937

 

Résistance à l’informatisation et à la gestion de nos vies. Critique du travail et du salariat

Une rencontre autour du collectif Écran total suivie d’un exposé-discussion avec Myrtille Gonzalbo, giménologue, auteure des Chemins du communisme libertaire en Espagne, 1868-1937

 

Samedi 21 octobre 2017 à partir de 14h – Prix libre

 

Programme

14h-16h • présentation, témoignages et

discussion autour du collectif Écran total

16h30-19h • exposé de Myrtille Gonzalbo des

Giménologues et discussion

19h-20h • pause

20h-22h • exposé de Myrtille (suite) et discussion

 

Cliquez ici pour en savoir plus sur cette journée et les intervenant-es-es

 

 

 

C’est lors d’une discussion informelle l’hiver dernier à propos de la critique du travail que des membres du collectif Écran total ont évoqué les textes des giménologues sur ce sujet. Certains d’entre eux évoquent les expériences et les parcours théoriques qui ont amené – entre 1868 et 1937 – une grande partie des prolétaires espagnols à exprimer ouvertement une critique du salariat, et indirectement une critique du travail, dans le cadre puis au-delà des organisations qu’ils s’étaient données (FRE puis CNT).

Nous nous sommes alors dit que tisser un lien entre ces récits et la volonté d’Écran total de susciter une réflexion et des actions non seulement sur la critique de l’informatisation et de la gestion mais aussi concernant la nature ou le contenu du travail et des productions,
pouvait être pertinent.

Le collectif Écran total réunit des gens d’horizons géographiques et professionnels divers et variés, dans ou hors du travail salarié, autour de la résistance à la gestion et l’informatisation du travail. On y retrouve des enseignants, des éleveurs, des artisans (menuisiers, plombiers...), des travailleurs sociaux, des chômeurs, des bibliothécaires, des médecins, des paysans, etc., qui tous constatent des évolutions inacceptables dans leur travail et s’y opposent en partant de leur vécu, par des témoignages que l’on peut retrouver dans une brochure parue au printemps dernier.

Tout le travail mené dans ce réseau Écran total confirme que les évolutions en cours dans des domaines très différents ont beaucoup de points communs. C’est le même sentiment de dépossession, d’impuissance et d’absurdité qui traverse ceux qui les subissent. Et c’est la même importance de l’ordinateur et d’Internet dans la perte de liberté et la déshumanisation qu’elles ressentent : l’informatique est presque partout l’outil des managers, des administrations, des technocrates de Paris, Bruxelles (ou de la Silicon Valley) pour program-mer et contrôler le travail des gens, pour les mettre en conformité avec les exigences de la création de valeur, de profit, de croissance économique à tout prix. D’où le nom du collectif né en 2013 : Écran total. Cette démarche nous a aussi conduits à repenser le rôle du syndicalisme et à réinvestir la critique du travail.

Luttes dans et hors le travail ; limites d’un anticapitalisme qui s’en tiendrait à la critique de la sphère de la circulation, et qui ne remettrait pas en cause le mode de production ni le salariat, ni a fortiori l’organisation scientifique du travail et le productivisme ; le syndicat comme outil de lutte ou comme embryon de la société post-capitaliste ; les étapes de la domination du travail vivant par le capital en voie d’ex-
pansion ; la liaison entre luttes urbaines et luttes rurales ; légalisme et illégalisme... Ces questions s’imposèrent aux révolutionnaires en plein combat contre le capitalisme et notamment quand ils envisageaient la société à laquelle ils aspiraient. Pour l’essentiel, elles restent d’actualité aujourd’hui où l’on réduit bien souvent le capitalisme à « la Finance ».

En tout cas c’est dans l’Espagne de 1936-1937 – notamment en Aragon, seule province sans État – que le communisme libertaire commença à être expérimenté de manière inédite dans l’histoire par une partie du mouvement anarcho-syndicaliste, tandis qu’une autre – notamment en Catalogne – se rabattait sur une cogestion de l’économie avec l’État, non aboli. Au-delà des déceptions ou condamnations liées à cette
époque, comme le conclut Myrtille Gonzalbo, « L’intérêt est de comprendre, pour aujourd’hui, comment le mouvement ouvrier s’est coulé, bon gré mal gré, dans “l’utopie” capitaliste ; et comment dans notre monde structuré par le travail, les rapports sociaux qu’il a engendrés s’avancent encore et toujours comme des faits naturels. »

Mis à jour : le 16 septembre 2017 18:45

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