Alors que fleurissent les essais sur le technofascisme et les idéologies réactionnaires en vogue dans la Silicon Valley, cette présentation propose d’aborder la question du fascisme contemporain par l’angle des pratiques concrètes de pouvoir, et plus particulièrement des pratiques de surveillance numérique. En s’inspirant de la démarche du philosophe Alberto Toscano dans son essai sur le Fascisme tardif (2023), il s’agit d’évaluer les ruptures et les continuités entre les pratiques de surveillance en vigueur sous les fascismes historiques et celles ayant cours dans les régimes d’aujourd’hui. À l’issue de cette démarche comparative, il s’agit d’évaluer plus précisément la valeur heuristique du terme technofascisme.
Cette conférence-débat aura lieu à l'Inria Grenoble-Alpes à Montbonnot-Saint-Martin au 655 avenue de l'Europe, le 3 novembre 2026 de 11h30 à 13h30.
Biographie :Félix Tréguer est chercheur associé au Centre Internet et Société du CNRS. Ses recherches portent sur la transformation numérique de l’État et la manière dont les technologies informatiques reconfigurent la gouvernementalité libérale. À la croisée de la sociologie, de l’histoire et de la théorie politique, elles analysent l’intégration d’Internet et de l’intelligence artificielle aux pratiques de pouvoir telles que la surveillance ou la censure des communications, et l’effet de ces processus sur les rapports entre l’État et le capitalisme informationnel. L’ouvrage adapté de sa thèse en études politiques, réalisée au Centre de recherches historiques de l’EHESS, est paru sous le titre Contre-histoire d’Internet : du XVe siècle à nos jours (Agone, 2023). Il est également l’auteur de Technopolice : La surveillance policière à l’ère de l’intelligence artificielle (Divergences, 2024).

