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Quelle est la politique migratoire du gouvernement actuel ? Le scandale du traitement de Berhan Demirovski à Grenoble. Rassemblement mercredi 11/01 à 13h devant la préfecture de l’Isère en soutien à Behran Demirovski
Berhan Demirovski, ressortissant macédonien turcophone appartenant à la communauté rom, vit en France depuis bientôt 6 ans avec sa femme et ses deux enfants. Ils ont fui la Macédoine en raison des discriminations dont ils étaient victimes en tant que minorité ethnique, reconnues par de nombreuses organisations comme Amnesty international ou l’Unesco (difficulté de trouver un travail, de scolariser les enfants …).
La famille Demirovski est une famille bien intégrée. Elle a fait tout son possible pour séjourner légalement en France, engageant depuis son arrivée différentes démarches dans ce but, s’impliquant dans l’apprentissage du français. Ces dernières années, Mme Demirovski s’est engagée dans la vie de bénévole en apportant son aide au CCAS de Grenoble, puis à L’Arche à Seyssinet-Pariset. M. Demirovski a des compétences avérées dans le bâtiment, secteur dans lequel la demande de travailleurs est forte en France. Plusieurs entreprises sont d’ailleurs prêtes à l’employer, promesse d’embauche à la clé. Il pourrait ainsi assurer l’indépendance matérielle de sa famille.
Après 6 années passées dans notre pays, les enfants Demirovski sont liés au lieu où ils ont grandi. C’est en France qu’ils ont toujours été scolarisés. Chez eux, ils parlent le turc. Ainsi les enfants ne connaissent pas la langue de la Macédoine. Ils risquent un grave traumatisme psychologique d’être séparés de leur père. Or, comme le dispose la convention du droit des enfants ratifiée par la France : un enfant doit être « effectivement protégé contre toutes formes (...) de sanction motivées par la situation juridique (…) de ses parents ».
La préfecture argue que la famille n’a pas quitté le territoire français après le refus de sa demande d’asile en 2012. On ne peut pourtant ignorer que, l’OFPRA prenant ses décisions sur la base des seuls éléments dont il dispose, il arrive souvent que des personnes, faute de documents attestant les persécutions dont elles sont victimes, se voient opposer un refus de droit à l’asile. Pour autant, pour toutes les raisons qui les ont poussées à fuir leur pays d’origine, elles ne peuvent pas y retourner.
Si cette famille n’est pas régularisée avec un gouvernement de gauche, alors qui peut l’être ? Comment refuser un titre de séjour à une personne vivant en France depuis aussi longtemps, qui souhaite travailler en tant que maçon pour rendre son foyer autonome financièrement ? Or, contrevenant aux conventions internationales signées par la France, le Préfet, bras du gouvernement, veut l’expulser vers un pays où il sera en danger, et d’où il ne pourra assumer son rôle de père. Est-ce la politique migratoire que propose le gouvernement actuel ?
Pourtant, cette famille répond aux critères de la circulaire Valls pour l’obtention d’un titre de séjour : plus de 5 ans de présence continue en France et dont un enfant est scolarisé depuis au moins 3 ans. C’est donc un choix délibéré de ne pas le leur accorder ! Est-ce le message que ce gouvernement veut envoyer à quelques mois des présidentielles ?
