42 Boulevard Clemenceau 38100 Grenoble
Le capitalisme repose sur la croissance, donc la mondialisation : la hi tech n’est qu’une illustration de ce phénomène. À l’heure des illusions renouvelables, il faut lier critique du numérique et luttes contre le capitalisme.
Conférence de Hélène Tordjman, économiste, autrice de La croissance verte contre la nature.
Voici la présentation du livre :
"Fabriquer de toutes pièces des micro-organismes n'ayant jamais existé pour leur faire produire de l'essence, du plastique, ou absorber des marées noires ; donner un prix à la pollinisation, à la beauté d'un paysage ou à la séquestration du carbone par les forêts en espérant que les mécanismes de marché permettront de les protéger ; transformer l'information génétique de tous les êtres vivants en ressources productives et marchandes... Telles sont quelques-unes des " solutions " envisagées aujourd'hui sous la bannière de la transition écologique, du Pacte vert européen ou du Green New Deal pour répondre tout à la fois à la crise climatique, au déclin de la biodiversité et à la dégradation de la biosphère. Sont-elles vraiment en mesure de préserver la planète ?
En disséquant les ressorts idéologiques, techniques et économiques de ce nouveau régime de " croissance verte ", Hélène Tordjman montre que ses promoteurs s'attachent plutôt à sauvegarder le modèle industriel qui est la cause de la catastrophe en cours.
Alors que de nouvelles générations de carburants " biosourcés " intensifient une logique extractiviste et contreproductive et que l'élargissement du droit de la propriété intellectuelle à toutes les sphères du vivant permet à quelques firmes de s'approprier l'ensemble de la chaîne alimentaire, l'attribution de prix aux " services écosystémiques ", le développement de dispositifs de compensation écologique ou les illusions d'une finance prétendument verte stimulent un processus aveugle de marchandisation de la nature.
Loin d'opérer la rupture nécessaire avec le système économique qui nous conduit à la ruine, ce mouvement témoigne en réalité d'une volonté de maîtrise et d'instrumentalisation de toutes les formes de vie sur Terre et d'une foi inébranlable dans les mécanismes de marché. Refuser cette fuite en avant est le premier pas à engager pour tracer enfin une autre voie. "
À 17h15
À la Bobine
42 boulevard Clémenceau
38000 Grenoble
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Cet événement fait partie du colloque "Semi-conducteurs : l’impossible relocalisation" :
"En 2022, le fabricant de puces électroniques STMicroelectronics annonçait le triplement des capacités de production de son usine de Crolles. Depuis, sa voisine Soitec a également inauguré une nouvelle usine à 300 mètres de là, et fait part de ses deux nouveaux projets d’agrandissement à Bernin. Ces projets bénéficient d’un soutien sans faille de tous les pouvoirs publics, locaux, nationaux et européens au motif de la « relocalisation » des activités de production.
Pourtant, l’industrie des semi-conducteurs est par nature mondialisée : elle ne peut pas être locale, et les tentatives d’implantation de mines « propres » en Europe ne sont que des mensonges. Extraction de métaux, de terres rares, exploitation de main d’oeuvre à faible coût : loin de l’image écolo qu’on aime à leur prêter, les semi-conducteurs parcourent des centaines de milliers de kilomètres avant d’arriver à leur utilisateur final. Ils s’inscrivent dans un système colonial, qui détruit les vivants ici et surtout ailleurs.
Ces deux jours de conférences et de discussion se donnent pour but d’offrir un panorama de la réalité de la « chaîne de valeur » des puces électroniques."
Programme complet disponible ici


