17 rue du Dauphiné 38000 Grenoble
đ„Pourquoi la crise environnementale va nous amener Ă refaire de la politique
đšđŸâđŹVous avez forcĂ©ment entendu parler des enjeux environnementaux : Ă©nergie, biodiversitĂ©, changements climatiques, adaptation⊠Tout le monde en parle, certes souvent mal, mais surtout pour expliquer que telle solutions va peut ĂȘtre tout changer, ou que tel produit est certifiĂ© vert et est donc moins pire que sâil Ă©tait pire. Bref que vous contribuez Ă un effort collectif si vous dĂ©pensez bien votre argent. Du coup, sâil y a des marchĂ©s matures, il suffirait que politiques et ingĂ©nieurs sây mettent pour de bon, quâon investisse sĂ©rieusement dans « lâĂ©cologie » et avec un peu de pragmatisme scientifique tout ira bien. Dâailleurs si en parallĂšle, tout le monde sây met un peu façon colibri et Ă©co gestes, le problĂšme sera vite rĂ©solu.
Dans ma trajectoire dâingĂ©nieur, il est Ă peu prĂšs certain que jâai pensĂ© comme ça, en fait.
En mĂȘme temps, jâĂ©tais structurĂ© pour cela. Dans une autre vie, je serai restĂ© Ă Toulouse, dans un travail quelconque dâingĂ©nieur, convaincu de mon mĂ©rite et Ă siroter ma biĂšre bio artisanale en rooftop aprĂšs ma dure journĂ©e de consultant en consulting. Si jâavais eu un dĂ©clic ou lâenvie dâavoir bonne conscience, jâaurai pu avoir une carriĂšre « engagĂ©e ». Je me serais alors spĂ©cialisĂ© en panneau solaire ou en hydrogĂšne et me serais alors convaincu que je fait partie des bons, que je contribue Ă change le monde. Jâaurais alors Ă©tĂ© « exemplaire » et aurais dĂ©ployĂ© les moyens pour acheter plein de produits Ă©cologiques ou certifiĂ©s durables. Jâaurais fustigĂ© les classes populaires avec leurs kangoo Ă pĂ©trole, au volant de mon SUV Ă©lectrique, et jâaurais surement pu dĂ©fendre le tourisme spatial pour ultrariche sâil est neutre en carbone car aprĂšs tout ça finance lâinnovation.
đ„Et pourtant aujourdâhui je nâen suis pas lĂ . Je ne suis plus ingĂ©nieur dans lâindustrie, je ne suis pas convaincu de contribuer Ă une mission supĂ©rieure que ce soit dans mon travail de formation sur le climat et les enjeux Ă©nergĂ©tiques, ou dans mon travail dâapiculteur, dans mes montagnes loin de la ville. Jâai mĂȘme tendance Ă penser que la maniĂšre que jâavais de penser le problĂšme fait partie du problĂšme.
đšđŸâđŹIl mâa fallu plusieurs chocs dans ma vie familiale et personnelle pour questionner lâavenir qui mâĂ©tait promis et du collectif pour comprendre ce qui nâallait pas dans la maniĂšre que jâavais de considĂ©rer les enjeux Ă©cologiques.
Alors dans ma confĂ©rence gesticulĂ©e, je vous partagerai ce que je pense avoir compris : quâil sâagit dâun problĂšme politique. Pas au sens politicien, mais au sens sens de la gestion dâun commun.
Il nây aura pas de « solution » technologique, pas de changement sociaux sans changement de sociĂ©tĂ© : nous devons vivre la fin dâun monde et il est urgent dâen inventer un autre. Mais pour savoir quel monde nous voulons il nous faut sans doute moins dâingĂ©nieurs et plus de capacitĂ© Ă dialoguer, Ă gĂ©rer les conflits, Ă affirmer une direction politique.
đ„Et pour en arriver lĂ , je vais vous raconter mon histoire et celle de ma famille, une affaire assez chaotique qui pourtant partait plutĂŽt bien, que jâentrecouperai de petits textes et de musiques de rap, de vrais infos sur lâenvironnement, dâanecdotes et de petites touches dâhumour Ă tendance sarcastique.
Par Arnaud Vanbalberghe




